Puisque nous voilà officiellement en hiver, je vous propose une petite rétrospective « Lectures de l’automne ».

 

atkinsonKate Atkinson, Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux

Au départ de l’histoire, il y a un accident de voiture, qui entraîne un écrivain tristounet dans une aventure aux multiples facettes, entre société de nettoyage, jeune femme noyée disparue, et promoteur de maisons à bas prix.

Globalement, je ne suis pas très enthousiaste concernant ce roman. Il y a bien quelques passages assez drôles, sur le milieu de l’écriture et les riches femmes au foyer, mais j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, les liens entre les personnages (nombreux) sont longs à se tisser, et il n’y a pas de véritable suspens qui donne envie de poursuivre à tout prix…

Il y a quelques années, j’avais aimé La souris bleue. Je me faisais donc une joie de retrouver un peu de cet esprit, mais j’avoue ne pas avoir trouvé la filiation entre les deux ouvrages, malgré un personnage commun.


9782130574798Pierre Sansot, Les gens de peu

Celui-là c’est le petit coup de gueule de la saison.

Je n’ai pas du tout aimé. Mais alors pas du tout. La preuve c’est que je l’ai même pas lu en entier (bouh la fille qui critique sans avoir lu !). Ce livre m’a été offert par un ami, et j’étais contente à l’idée de remettre le nez dans un ouvrage de sciences sociales, deux ans après ma soutenance de thèse.

La seule lecture de la préface m’a mise en colère, l’auteur expliquant par le menu pourquoi, « contrairement à ce que tu penses, petit lecteur misérable, il est tout à fait digne de s’intéresser aux gens de peu dans un ouvrage sérieux ». Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé du tout cette façon de présenter les choses. Car oui, il faut expliquer le choix de son sujet. Mais il faut expliquer pour objectiver, pas pour s’excuser, ni pour se prévaloir d’avoir choisi un sujet hors norme. Qui, en plus, n’a rien d’hors norme.

Concernant le contenu, j’y ai trouvé, dans le chapitre que j’ai lu, des constats nombreux, mais non objectivés. Je n’ai pas trouvé non plus l’expression d’une quelconque précaution méthodologique, et aucun appui théorique ni bibliographique. Bref, grosse grosse déception. Sans doute parce que Pierre Sansot est anthropologue, et que l’anthropologie n’est pas ma tasse de thé.

Pour ceux qui veulent lire un ouvrage de sociologie sur « les gens de peu », je vous conseille le classique mais irremplaçable Pierre Bourdieu. En premier lieu, évidemment, La misère du monde (1993). Voyez aussi, plus ardu mais très stimulant, Les structures sociales de l’économie (2000). Plus ancien mais tout aussi intéressant et documenté : Colette Pétonnet, On est tous dans le brouillard, 1979.

Et j’arrête de faire mon intello…

 

mazettiKatarina Mazetti, Le mec de la tombe d’à-côté

Là vous allez croire que j’y mets pas du mien, mais celui-là aussi fut une grosse déception.

J’avais lu d’excellentes critiques sur ce roman qui met en scène la rencontre de deux cœurs endeuillés, mais je n’y ai pas cru. Il y a entre ces deux là trop de contrastes pour que je puisse admettre que l’amour naisse d’un sourire : petite et pâle bonne femme, cultivée, bobo, érudite, baignée de livres, de poésie et de romantisme VS grand gaillard bourru de la campagne, qui n’éprouve aucune sorte d’intérêt pour l’esthétisme, la lecture…

Pour moi, ça ne l'a pas fait...


9782742791064Camilla Lackberg, L’oiseau de mauvais augure

Celui-là, je l’ai aimé.

Plusieurs meurtres au cœur d’une petite ville de Suède, et pour les résoudre un inspecteur toujours aussi sympathique et brillant. Des intrigues croisées, un peu de mélo autour des personnages, juste assez pour les rendre attachants, quelques extraits qui font froid dans le dos, et comme toujours un dénouement excellent (même si pas totalement inattendu).

 

carrereEmmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne

Celui-là, c'est le coup de cœur. C’est VRAIMENT un TRES beau livre que ce récit.

Dur, poignant, émouvant, terrifiant.

Parce qu’il parle de la mort soudaine d’une enfant de quatre ans, parce qu’il raconte les derniers mois d’une mère de famille, qu’un cancer emporte loin de son mari et de ses trois filles. Parce qu’il raconte ces gens, parce qu’il leur redonne vie, parce que les témoignages recueillis sont des hommages incroyables. C’est triste et terrifiant d’imaginer que ces choses sont réelles, qu’elles adviennent « pour de vrai ».

Ce récit est aussi et surtout un hommage à la vie : à la vie qui continue pour ceux qui restent, aux enfants qui naissent après la catastrophe, aux enfants qui grandissent sans leur mère, qui rient, qui pleurent, qui jouent…

A ne pas lire en période de cafard !


Voilà pour cette saison. Je vous donne rendez-vous le 22 mars pour la fournée d'hiver !